Jour 13 : New Richmond / Québec
02-07-2019, par Domi
Bonjour la compagnie !
Notre petit motel perdu au milieu de New Richmond n’était pas si mal et nous n’étions pas embêtées par les voisins. Tant pis pour le petit déj, il n’était pas inclus dans la nuitée, on a donc englouti de la nourriture typiquement américaine : pas mauvais mais pas de goût. Heureusement qu’on avait quelques bleuets produits localement pour rehausser cette pitance.
Nous ne tardons pas car une longue route jusqu’à Québec nous attend, plus de 600 km. Nous continuons donc d’explorer la Baie-des-Chaleurs via notre route 132 ouest. Nous traversons Carleton-sur-Mer, lieu où se sont établis les Acadiens après la grande dispersion (j’en parlerai un peu plus bas) puis Ristigouche, réserve amérindienne la plus grande de Gaspésie réputée pour son artisanat d’art. Nous arrivons tranquillement dans la vallée de la Matapédia qui relie la Baie-des-Chaleurs à l’estuaire du Saint-Laurent. Nous n’en verrons qu’un morceau car, faute de temps, nous choisissons un itinéraire plus rapide qui nous fait emprunter la route des frontières (entre le Québec et le Nouveau-Brunswick). Nous pourrons ainsi rejoindre plus vite le nord du Bas-Saint-Laurent.
En cours de route nous avons été étonnées par le nombre de maisons qui arborent fièrement le drapeau bleu-blanc-rouge avec une étoile dorée sur la partie haute de la bande bleue. Plus encore, des façades, des toitures et même des objets de décoration sont peints dans ces mêmes couleurs.
Après quelques recherches, nous avons compris qu’il s’agissait là des couleurs du drapeau acadien. Les Acadiens sont des agriculteurs français venus du Poitou, du Berry et de Touraine qui se sont installés dans la Baie de Fundy (Nouvelle-Ecosse actuelle) au début du 17ème siècle. Lorsque le territoire a été cédé aux anglais en 1713, ces Acadiens ont refusé de prêter allégeance à la couronne d’Angleterre et ont obtenu le statut de « français neutre ». Mais le gouverneur suivant a décidé de les chasser, certains se sont enfuis et dispersés un peu partout (beaucoup en Louisiane, on les appelle les Cajuns) mais beaucoup ont été déportés dans des embarcations insalubres vers la France.
C’est donc sur la route en direction du Lac Témiscouata que nous avons aperçu le plus de symboles acadiens. Il existe même un circuit de l’Acadie à cheval sur trois régions : le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Etat du Maine aux USA.
Puisque le Lac était sur notre route, nous y avons fait une petite halte pour nous dégourdir les jambes et pour nous ravitailler (enfin surtout Marie qui a le rythme alimentaire d’un nourrisson : très peu mais très souvent). Nous n’aurons pas le temps de nous aventurer dans le Parc National articulé autour du lac, et dernier né du réseau des Parcs nationaux du Québec.
Nous arrivons enfin au niveau du Saint-Laurent et récupérons la route 132 en direction de l’ouest sur une portion que nous n’avons pas faite à l’aller. Nous quittons la province du Bas-Saint-Laurent pour rentrer dans celle de Chaudière-Appalaches. Alors je ne sais pas si c’est le nom qui veut ça mais on prend d’un coup 10 degrés dans la tête. Au revoir coupe-vent et autres gilets, re-bonjour lunettes et crème solaire. Nous nous attardons dans une jolie petite marina dans la commune de Berthier-sur-Mer, c’est ici que le fleuve Saint-Laurent devient estuaire.
Ensuite cap sur Lévis (je vous arrête tout de suite, aucun lien de parenté avec les pantalons mais plutôt avec un capitaine Machin-Chose De Lévis, c’était écrit sur sa statue mais j’ai oublié).
L’intérêt principal de cette petite ville c’est sa terrasse aménagée qui nous offre un panorama exceptionnel du Vieux-Québec. Nous aurions pu d’ailleurs emprunter le traversier depuis Lévis pour arriver plus vite à Québec mais nous n’avions pas envie de débourser 20 dollars plus l’attente. Nous avons donc repris une portion d’autoroute pour accéder au pont ferrailleux qui n’inspire pas vraiment confiance. L’état des routes est vraiment désastreux, on comprend mieux pourquoi les limitations de vitesse sont basses.
Nous voici donc enfin au centre-ville, premières impressions plutôt positives : c’est calme, verdoyant, très peu d’immeubles et les gens… comme partout ailleurs : détendus et souriants. Nous vous en dirons davantage demain.
Les mots du jour : dans un fast-food on a pu lire « cueillette rapide » pour la caisse rapide (voir la photo), le restaurant KFC (Kentucky Fried Chicken) au Québec se dénomme PFK (Poulet Frit Kentucky), on ne dira pas « drive » pour un fast-food mais plutôt « service au volant »