Neuvième étape : Santa Fe/Gallup
10-07-2011, par Domi
Petit déjeuner ce matin devant la tv du Super 8 Motel : alerte météo pour de violents orages du côté de Gallup… grrr, c’est pas comme si on y allait. Comme ils sont prévus vers 17h00, nous nous dépêchons d’avaler nos muffins pas cuits (on sature de ces p’tits déj clonés) et nous prenons la route.
De Santa Fe à Albuquerque, nous roulons très peu sur la Route 66 car elle passe à l’origine par la « Bajada Hill », un gigantesque plateau où se dérobe soudainement une immense descente, avec une dizaine de virages en épingle à cheveux à flanc de colline. Merci, on s’en passera d’autant plus que le routard nous conseille d’être équipées d’un bon 4X4 et de bonnes chaussures de marche. On est téméraires mais pas la Chrysler.
Direction Albuquerque qui, pour la petite histoire, doit son nom au duc d’Alburquerque, vice-roi de la nouvelle Espagne. Cette ville était autrefois un poste colonial espagnol, donc son plan de ville ressemble à celui des villages espagnols traditionnels : une place centrale entourée de bâtiments administratifs, d’un palais de justice et d’une église. Au fil du temps Alburquerque a perdu son « r » car ça ne devait certainement pas convenir à la prononciation des colons anglais (prononcer ol-beu-keur-ki).
La « old town » d’Albuquerque a beaucoup de charme mais elle est minuscule et grouille de magasins pour touristes. Seul l’artisanat traditionnel indien maintient un côté authentique. Donc nous ne nous y attardons pas. Nous repartons par l’ancienne Route 66 qui traverse la ville d’Est en Ouest par une immense avenue « central avenue » qui a la particularité d’être la plus longue du monde : 30 km seulement !! Nos habituels motels, hôtels et restos s’y plaisent et la concurrence bat son plein.
En sortant de la ville, nous traversons le Rio Grande et nous reprenons notre itinéraire qui navigue d’un côté et de l’autre de l’autoroute. Nous passons par des petits villages qui sont en fait des réserves indiennes, il y en a beaucoup dans la région ; l’une d’entre elle -Laguna- est interdite d’accès aux visiteurs. Sur la route, les paysages sont magnifiques ; on aperçoit au loin les couleurs flamboyantes du Red Rock State Park puis on traverse le « Malpais » un décor de pierre de lave où beaucoup d’Indiens vivent dans des conditions précaires.
On passe par Cubero, un petit village où, paraît-il, Hemingway a trouvé l’inspiration et a écrit une partie du « vieil homme et la mer ». L’hôtel où il logeait est presque à l’état de ruine (cf. photo).
On ne traîne pas sur la route car les nuages se font menaçants, monsieur météo n’a donc pas menti… le bougre.
Une dernière halte à Thoreau où se situe le Continental Divide c’est-à-dire un endroit de partage des eaux : d’un côté les eaux se déversent à l’Est dans l’Atlantique et de l’autre à l’Ouest dans le pacifique. Ce partage est déterminé par les montagnes du Nouveau-Mexique.
Ouh que le ciel est noir, enclenche la cinquième Marie -zut c’est une automatique- ben mets-toi debout sur la pédale parce que là, ça sent mauvais. La tempête n’est pas loin, on a juste le temps de faire un saut au « El Rancho Hotel » à l’entrée de Gallup, un hôtel qui a été construit en 1937 et qui a vu passer de nombreuses stars de cinéma lors de tournages dans la région : Bogart, Peck, Errol Flynn, Jane Fonda… que des jeunes quoi !! Même les présidents Reagan et Eisenhower y ont séjourné.
Sitôt sorties de « El Rancho » et sitôt arrivées à notre hôtel (aucune star n’y est passée dans celui-ci, c’est sûr) que patatra, les premiers éclairs fendent le ciel de Gallup et voilà que nous recevons sur la courge toute l’eau que ces foutus nuages ont dû stocker pendant des mois et des mois. Heureusement que l’on excelle dans le maniement de nos valises, cela nous a évité de faire le double de notre poids en eau en arrivant à notre chambre.
Mais puisque il était écrit que cette journée serait électrique, un dernier éclair est venu illuminer notre chambre, tellement puissant que j’en ai presque vu le squelette de Marie ; on aurait juste dû en profiter puisqu’après… plus de courant. La moitié de l’hôtel s’est retrouvée dans le noir et forcément, on était dans cette moitié. Pas grave, on a attendu puis on est allées manger mexicain et là, c’est Marie qui s’en souvient. Elle a eu la bonne idée de prendre un plat légèrement pimenté ; je l’ai vu passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Je crois que le « red chile » n’est pas fait pour nous.
Sinon tout va bien, nous sommes à Gallup, capitale des Indiens d’Amérique, située au cœur des réserves Navajos et Zunis. Il est très exactement 21h20 et nous avons perdu 15°C d’un coup, on respire !



















