Septième étape : Elk City/Tucumcari

 

07-07-2011, par Marie

 

Nous vous avions quittés hier avec nos problèmes mécaniques. Alors pour répondre à notre cher papa, c’était le témoin « change engine oil » qui nous inquiétait un peu. Nous nous sommes adressées dans un premier temps à un vendeur d’accessoires auto qui ne nous a pas mises du tout sur la bonne piste. Après avoir pris rdv dans un vieux garage tout pourri auprès du monsieur-à-la-clope-au-bec, nous avons fini par comprendre qu’il fallait bien faire une vidange. Tout comme toi, le mécano nous a assurées qu’on pouvait rouler sans problème mais dans le doute et parce que c’est une voiture de location, nous n’avons pas pris de risque. 30 minutes de vidange pour 3 semaines de sérénité, ça vaut le coup. Nous prendrons des photos de l’engin demain matin, tu nous diras ce que t’en penses. On peut déjà dire que le gallon d’essence revient à 3,5 dollars, sachant qu’un gallon = 3,8 litres. On doit refaire le plein demain, on calculera notre conso à ce moment-là.

 

Ou en étions-nous ? Ah oui, le garagiste nous a donné RDV à 8h30, nous sommes-là un peu plus tôt, sait-on jamais…. Bonne idée puisqu’il s’occupe de nous dans la foulée. On a de la chance parce qu’on a soufflé la priorité à pas mal de monde, on s’en sort pour 40 dollars, la facture sera envoyée à l’agence de loc’ dès notre retour.

 

Pour en terminer avec notre Motel pourri à Elk City, sachez que nous avons passé une nuit de misère : la chambre était dégueu, les voisins bruyants, la machine à glaçons (il y en a partout aux States) se trouvait juste en face de notre chambre donc toutes les 10 minutes, un aspirateur à Coca venait remplir sa jarre d’un litre… et le must du must, nous étions à côté de la centrale de climatisation qui a transformé nos têtes en vraies coucourdes.

 

C’est de bon cœur que nous fuyons ce lieu hostile pour quitter lentement mais sûrement l’Oklahoma. Nous passons par Sayre, un patelin où fût tourné en majeure partie le film « les raisins de la colère » issu du roman de John Steinbeck et adapté au cinéma par John Ford en 1940, puis direction Erick, une ville dont est originaire Roger Miller, une légende de la musique country. Fin de l’Oklahoma, début du Texas, le pays des Cowboys, des ranchs et de Dallas.

 

Le Texas est le deuxième plus grand état des Etats-Unis juste après l’Alaska,, il a été découvert en 1684 par le Français René Robert Cavelier de la Salle (rien que ça !) dont l’objectif au départ était de descendre le fleuve Mississippi pour en trouver son embouchure.

 

Nous laissons les quelques arbres encore debout de l’Oklahoma pour des plaines arides à perte de vue où paissent tranquillement de nombreux troupeaux de vaches. Le ranch, un cliché ? Pas du tout, il n’y a que de ça ici ! Des barrières blanches, des réservoirs d’eau, des cowboys dans leur pick-up (jean, chemise à carreaux et chapeau de rigueur), des vaches qui broutent on ne sait pas trop quoi car le peu d’herbe à mastiquer est complètement cuit par le soleil et le vent. C’est plat, plat, plat mais tellement sauvage, nous sommes en plein western ! Le Texas c’est aussi le pays de la bonne « bidoche », la viande est de qualité ici et surtout pas chère.

 

Nous ne traverserons que le nord du Texas, appelé aussi le « panhandle » car sa forme nous fait penser à un manche de casserole. Nous passons par Shamrock, d’origine irlandaise dont le nom signifie « ville du trèfle ». Le béton de la Route 66 y est d’origine, il devait être sacrément solide ! Direction ensuite Mac Lean avec son musée du fil barbelé ; et oui, c’est en 1867 et au Texas que fût inventé le fil barbelé pour protéger les propriétés et garder le bétail.

 

Après avoir passé les villages de Groom et Conway, nous arrivons sur Amarillo (175 000 habitants), une ville réputée pour son commerce de viande. Les éleveurs se donnent rendez-vous deux fois par semaine au Western Stock Yards, un des plus grands marchés aux bestiaux du monde. A la sortie d’Amarillo, nous tombons sur une œuvre pour le moins surprenante qui nous vient d’un milliardaire texan – des Cadillacs (toutes différentes) dont les nez sont enterrés dans la terre avec une inclinaison identique à celle des pyramides égyptiennes. Nous ne nous sommes pas privées de laisser une empreinte (cf. photos).

 

Direction ensuite Vega puis Adrian qui prétend être le « midpoint » de la mother road. Soit ! Cela signifie que nous avons déjà parcouru 1139 miles et qu’il nous en reste autant à faire. Soyons réalistes, nous avons roulé bien plus que 1139 miles si nous comptons les détours, les erreurs et les culs de sac.

 

Le Texas, c’est déjà fini ! Le village fantôme de Glenrio marque la limite entre le Texas et le Nouveau-Mexique, considéré comme « the state of enchantment ». C’est aussi le moment pour nous de régler nos montres ; et oui, le décalage avec la Gaule n’est plus de 7 mais 8 heures.

 

L’état du Nouveau-Mexique est coupé en deux du nord au sud par le célèbre fleuve du Rio Grande, long de 3060 km ; de la haute montagne aux plaines désertiques, c’est un état qui offre une diversité géographique époustouflante. A peine les premiers miles parcourus, nous changeons totalement de paysage et donc de végétation, les habitants ne sont pas les mêmes non plus (beaucoup plus d’hispaniques), on a l’impression de découvrir un nouveau pays. Bref, à peine la frontière franchie que nous arrivons à Tucumcari où nous ferons étape ce soir. Nous dormons dans un motel typique qui répond au doux nom de « Safari Motel ». Alléluia ! c’est propre, joli, calme…. On va pouvoir dormir ! Avant de rejoindre notre copain Morphée, nous remplissons nos estomacs tout vides chez Dell’s, un resto typique tenu par Yvette et Yvonne. Nous rencontrons deux Américaines originaires de Dallas qui font route vers Denver, l’une d’elle a vécu quelques années en France, elle connaît très bien Annecy ; de bleu, que le monde est petit. Le repas… excellent !

 

Au fait, connaissez-vous la différence entre un motel et un hôtel ? Par motel, comprenez « motor hotel », un hôtel où les voitures peuvent être garées devant la porte de la chambre. Le premier a vu le jour en 1925 aux Etats-Unis, on trouve ce type d’établissement essentiellement en bord de route, ce qui explique que la Route 66 en dénombre autant.

 

Demain, longue étape vers Santa Fé, toujours au Nouveau-Mexique, nous y resterons une journée.

 

Une nouvelle fois, un grand merci pour vos messages, même si nous ne répondons pas par manque de temps, nous les lisons tous les matins avec toujours autant de plaisir.

 

Tucumcari, il est très exactement 21h50.