Quinzième étape : Las Vegas/Barstow

 

16-07-2011, par Domi

 

Et deuxième compte-rendu dans la foulée mais cette fois c’est la Do aux manettes.

 

Ce matin le réveil était dur dur, on n’a même pas eu le temps de profiter de notre lit XXL. Mais étonnamment nous n’étions pas mécontentes de partir. Nous récupérons la voiture que notre « valet » a soigneusement sortie du garage et nous sortons des entrailles de Vegas. Direction Barstow, notre étape de ce soir.

 

Le routard nous a averties : avant de partir il faut faire le plein, avoir une bonne réserve d’eau et si c’est possible une voiture climatisée car nous allons traverser le désert de Mojave où les températures explosent et où toute forme de vie humaine s’est retirée depuis fort longtemps.

 

C’est ce que nous faisons quelques miles après Vegas. En passant la frontière de l’état de Californie, la route commence sa longue traversée du désert de Mojave sous le nom de « National old trails highway » qu’elle portait avant que soit adopté le système numérique du réseau routier américain.

 

Les villages que nous traversons sont morts, ils sont cuits par le soleil. Ah c’est sûr il y a eu de la vie ici puisqu’on aperçoit des vieilles enseignes de motels et de cafés, des bâtiments dont seuls les murs sont encore debout, tout ça dans un paysage de désolation… il règne sur ce parcours une ambiance bizarre, le temps semble s’être arrêté lorsque l’on traverse ces villes « mortes » qui sont des témoins intemporels de l’illustre apogée de la « 66 ».

 

Nous entamons notre longue et suffocante route dans le désert de Mojave qui a notamment servi de lieu de tournage pour de nombreux films tels que Star Wars et Lawrence d’Arabie. Le désert peut également servir de camp d’entraînement pour les GI’s du fait de la rigueur du climat et de la similitude avec le désert nord-africain.

 

Nous passons Goffs, Essex, Amboy, seules des inscriptions sur le bas côté de la route nous accompagnent. En effet, des centaines de voyageurs ont laissé une trace de leur passage sur des petites buttes en bord de route en inscrivant à l’aide de cailloux des initiales, des prénoms, des mots doux… c’est revigorant dans ce milieu hostile.

 

Et nous arrivons à Bagdad. C’est ici qu’est né le vrai Bagdad Café mais il a été délaissé suite à l’ouverture de l’autoroute puis détruit en 1968. Le metteur en scène du fameux film « Bagdad Café » a donc jeté son dévolu sur un autre bistrot situé un peu plus loin à Newberry Springs. Nous attendions cette halte avec beaucoup d’impatience et nous n’avons pas été déçues. De nombreux éléments de tournage sont restés intacts : la citerne, la caravane, le piano dans le bar. Nous avons vu le film il y a déjà quelques années et on a pu se remémorer quelques scènes cultes, un vrai moment de plaisir. Nous avons pu discuter un long moment avec l’un des gérants du café (tout en sirotant un petit verre à l’intérieur). Il est venu se perdre au milieu du désert après que cinq membres de sa famille se soient tués dans un accident de voiture ; depuis ce jour il n’attend pas grand-chose de la vie et c’est un réel plaisir pour lui de voir défiler quotidiennement des centaines de touristes.

 

La tête remplie de souvenirs, nous reprenons notre route et nous arrivons à Barstow qui marque la frontière entre le désert de Mojave et la civilisation californienne. La température n’a pas chuté, il faudra attendre encore un peu pour le climat beaucoup plus tempéré de la côte Pacifique.

 

Nous nous arrêtons quelques instants au musée de la Route 66. C’est vrai que nous en avons fait quelques-uns mais tous les musées sont différents et indispensables car ils sont la mémoire de la 66. Celui-ci expose des véhicules d’époque : une Ford T, une vieille Harley, on aperçoit des reconstitutions d’ateliers de mécanique sans compter les innombrables photos qui nous plongent pour quelques jours encore dans l’univers de la « Mother Road ». On en profite, on essaie de tout fixer pour ne pas en perdre une miette.

 

Nous prenons nos quartiers dans un motel au confort sommaire et pour le coup le « motel » n’a jamais aussi bien porté son nom car depuis notre lit nous pouvons lire notre plaque d’immatriculation. Pas grave, ici au moins on a du Wifi… mais on arrêtera là toute forme de comparaison avec Vegas.

 

Ici Barstow, il est bientôt 22h00 et demain… demain est un autre jour.