Douzième étape : le Grand Canyon
13-07-2011, par Marie
Bonjour tout le monde,
Nous nous sommes levées tôt ce matin pour pouvoir profiter un maximum de notre journée au Grand Canyon. Nous faisons donc comme tous les matins le plein de carburant et nous quittons Cameron avec seulement une barre chocolatée dans le ventre, l’hôtel ne propose pas de petit déj. Hier soir, nous avons bien étudié le plan du Grand Canyon et les sites sur place à ne pas manquer, du coup, nous n’avons pas eu besoin de passer par la case « Visitor’s Center ».
Nous roulons à peu près 1h30 et passons le péage d’entrée au Parc, 25$ par véhicule, c’est honnête. Tout comme Petrified Desert, ce sont les Rangers qui se chargent de la sécurité et de l’assistance aux touristes dans le Parc. On nous remet un plan détaillé du site et nous filons à Desert View pour grimper dans la Watchtower et bénéficier d’une vue à 360° sur le Canyon, notre ballade commence avec du lourd ! Les couleurs que les rochers renvoient le matin sont tout simplement magnifiques.
Pour situer les routards ou les personnes qui souhaitent un jour explorer le grand Ouest américain, sachez que le Grand Canyon est accessible à la fois depuis le Nord (North Rim) et le Sud (South Rim). Les grands amateurs de randonnées iront davantage au Nord alors que les touristes, ceux qui se rendent pour la première fois au Grand Canyon, se dirigeront plutôt vers le Sud. Deux accès possibles, un depuis Williams et l’autre depuis Cameron. A Grand Canyon Village, il faut laisser sa voiture sur les parkings du Visitor’s Center et prendre les navettes gratuites pour atteindre soit les sentiers de randonnée, soit les « view points » (les panoramas).
Nous concernant, nous avons débuté notre journée en roulant sur la Desert Drive, une route longue de 30 miles dans la forêt qui propose des haltes, avec explications à l’appui, et des vues imprenables.
Nous arrivons ensuite tranquillement à Grand Canyon Village pour laisser notre voiture et prendre le shuttle « orange », celui qui nous emmène au sentier dont le nom « South Kaibab trail » n’est pas une invitation à manger mais à marcher.
Il faut le dire, le Grand Canyon, c’est comme la Route 66, ça se mérite ! Cette rando comporte plusieurs niveaux en fonction des capacités de chacun. Nous avons décidé de faire la rando basique pour avoir le temps d’explorer d’autres sites, il fallait compter 1 h. Et puis au final, nous sommes allées bien plus loin que prévu pour passer près de 3 heures dans les entrailles du Canyon. On en a « chié » mais quelle récompense !C’est vertigineux, majestueux, coloré. Chaque foulée nous réserve un spectacle saisissant ; impossible de rester insensible à la vue du Colorado River qui fait sa loi au milieu de dizaine de milliers de gorges façonnées par l’érosion. Et il faut beau, « lucky we are ! », ce n’était pas le cas des touristes qui ont fait le déplacement hier.
Le Grand Canyon est à l’image des Etats-Unis : tout y est plus grand ! C’est 500 000 hectares, 450 km de long, une profondeur moyenne de 1300 mètres (la profondeur max atteint les 2000 mètres), une largeur qui varie de 5 à 30 km, une végétation et une faune exceptionnelles. D’après certains spécialistes, il faudrait remonter à plus d’1,5 milliard d’années pour expliquer la géologie du Canyon aujourd’hui.
Ce pur moment de bonheur (de transpiration et de coups de soleil aussi) nous a donné l’envie d’explorer un autre sentier, direction donc le shuttle « bleu » pour faire l’équivalent du sentier du littoral chez nous. Nous nous sommes assises un petit moment, les pieds dans le vide, pour admirer la vue. Ca ne s’explique pas, ça se dévore des yeux…. Personne autour de nous… ah si, un couple de Belges (des Flamands) qui n’a pas pu s’empêcher de nous prendre en photo (à notre insu puisque nous étions face… au vide), ils avaient besoin d’immortaliser ce moment pour nous. Ils nous enverront les clichés par email, vraiment gentils.
Le site est très bien organisé et la signalisation très claire. De nombreux points d’eau sont disposés dans le village et au départ des randos, de l’eau minérale qui provient d’une source située au Nord et elle est fraîche en plus. On le répète encore une fois mais le respect et la discipline ici sont vraiment appréciables. Lorsqu’il faut attendre une deuxième navette car trop de monde, personne ne râle, on monte à l’avant pour sortir à l’arrière, en rang d’oignons s’il vous plaît. Un truc impensable chez nous ! Sur la route, jamais de klaxon, quasiment pas de chauffards, pas de voiture qui colle aux fesses. Une intersection qui comporte 4 stops ? Pas de problème, le premier arrivé est le premier qui passe, et ça marche ! Pourquoi s’embêter avec des ronds-points ?
Bref, nous avons marché, transpiré, avalé de la poussière, bu des litres d’eau et sommes lessivées ce soir (Domi a perdu son genou). Le Grand Canyon, ça se mérite…
Satisfaites d’avoir dévoré des yeux (et des pieds) cette merveille de la nature, nous reprenons la route, 1h30 à peu près, pour nous diriger lentement mais sûrement vers Williams, la dernière ville sur la Route 66 à avoir été contournée par l’Interstate. Cet endroit respire la nostalgie, la fierté aussi d’avoir été une étape incontournable de la Mother Road. Nous posons nos valises au Grand Canyon Hotel, l’hôtel le plus vieux d’Arizona (créé en 1891) et dont les décos des chambres sont uniques. Ce soir nous dormons dans l’antre de la Girafe, nous sommes en plein safari, c’est vintage mais tellement mignon !
Nous avons mangé au Cruiser Route 66, un restaurant, comme beaucoup d’établissements ici, dédié à la mère des routes. Une excellente bière du Grand Canyon, un repas à l’américaine et un chanteur de country pour animer la soirée, quelle fin de journée agréable…
Après deux belles entorses à notre périple, c’est avec plaisir que nous retrouvons les routes usées de la 66. Nous serons encore en Arizona demain, on fixe chaque moment car l’océan n’est plus très loin.
Williams, il est 22h00, l’exploration du lit spécial girafe peut commencer.























