Santa Fe
09-07-2011, par Marie
Nous nous sommes levées à 8h30 ce matin ; les fossiles diraient que nous avons fait une grasse matinée et pour une fois, nous ne les contredirons pas parce que c’était bien une grasse matinée. Soyons bien d’accord, de retour en France, le réveil du samedi matin sera de nouveau fixé à 11h.
Une chose est certaine, les Américains dorment le weekend. Nous nous dirigeons vers un centre-ville quasi désert, il est bien trop tôt. On ne va pas s’en plaindre car trouver une place à Santa Fe n’est pas toujours chose aisée. Nous trouvons un parking public payant (ils le sont tous) où nous laissons le carrosse pour la journée.
Direction la chapelle San Miguel, bâtie en 1625 et qui s’avère être la plus vieille église américaine. Ca peut paraître étonnant mais finalement, ça ne l’est pas tant que ça si l’on considère que l’Amérique a un passé très récent. Cet édifice est en rénovation et ce n’est pas le gouvernement qui la finance, les volontaires doivent donc s’y coller s’ils ne veulent pas que leur vieille chapelle ne partent en décrépitude.
Nous nous dirigeons ensuite vers la chapelle Loretto conçue par un architecte français et inspirée de la Sainte-Chapelle à Paris. Aucun accès au triforium n’avait été prévu et la chapelle, de petite taille, n’était pas adaptée pour recevoir un escalier classique. Les sœurs de Loretto ont prié Saint Joseph pour qu’il leur vienne en aide et un jour, un « étranger » de passage leur a proposé de construire un escalier en colimaçon en bois, sans clou, sans pilier central et sans attache au mur. Cette personne n’a jamais voulu communiquer son identité, elle est partie aussi discrètement qu’elle est arrivée. Cet escalier intrigue les touristes et ça paie (dans tous les sens du terme).
Nous nous baladons sur Canyon Road, une très très très longue rue réputée pour ses galeries d’art, ses cafés et ses joailleries. Une dame nous demande même son chemin… on doit inspirer les gens je crois. Ca y est, les Américains se réveillent, ils s’attablent pour leur brunch du samedi et les rues se remplissent tout doucement. De notre côté, nous faisons le tour de la ville à pied, sous un soleil de plomb. La bouteille d’eau est obligatoire si on ne veut pas sécher sur place.
Impossible de trouver un café qui fasse de vrais smoothies, nous nous rabattons donc sur un coca…. Aux Etats-Unis, on paie une seule fois sa boisson (small, medium ou large) et on se ressert à volonté. Une fois le soda avalé, nous nous imposons une nouvelle mission : trouver un bon cookie. Domi se contentera d’une pomme (tiens donc). Pareil, trouver un cookie relève de la gageure ; nous finissons par en dégoter un qui s’apparente davantage à un frisbee qu’à une chose comestible mais c’est pas grave, ça fera l’affaire. Une dent en moins et c’est dans l’estomac. Une personne m’a même demandé où j’avais trouvé ce délicieux biscuit, preuve qu’on ne doit pas beaucoup en fabriquer dans cette ville.
Nous nous arrêtons dans un magasin de vêtements, s’en suit une longue discussion avec la vendeuse qui est née en Angleterre, de parents indiens (Calcutta) et vit aujourd’hui dans le Connecticut. Elle donne juste un coup de main à sa fille, la gérante de la boutique, et chose surprenante, elle connaît la ville d’Annecy. Amusant tout ça.
Il est 17h00 lorsque nous nous avançons vers la basilique Saint François d’Assise pour assister à la messe du samedi soir. Le prêtre célèbre trois messes par jour, une en espagnol à 8h, une à 10h et une à 17h15. A chaque fois, l’église est comble. Petit clin d’œil au cousin, les messes ici sont aussi longues que celles que tu célèbres hé hé ! Les intentions lors de la prière universelle vont entre autres vers les pompiers de Santa Fe qui doivent tous les jours combattre les incendies. D’ailleurs, en sortant de l’église, nous avons vu un épais nuage de fumée se dégager de la pinède un peu plus loin, c’était impressionnant. Il paraît que c’est comme ça tous les jours.
L’orage menace sérieusement, nous décidons de nous rendre au Walmart à côté de l’hôtel pour acheter quelques bricoles à manger. Ce magasin est immense, fatigant et il y a tout… sauf des produits frais. Ah si, on trouve des jerricans de lait et de jus de fruit mais pas de jambon, de sandwichs ou de fromage… rien du tout. Par contre, vous trouverez des Ipad, du PQ et des chips à volonté !
Bilan de notre passage à Santa Fe : l’architecture est très sympa, on prend plaisir à voir autre chose que des buildings et surtout, il y a un vrai centre-ville. En revanche, nous ne sommes pas du tout dans l’esprit Route 66, on en vient même à regretter les « gens du cru ». Ici, c’est Cannes version Nouveau-Mexique, tout est cher, guindé, aseptisé, surjoué… On ne retrouve pas la simplicité qui a caractérisé jusqu’à présent notre roadtrip. Il faut le dire, en France ou ailleurs, on n’aime pas les endroits « prout prout », c’est notre côté bouseux qui ressort !
Bref, nous sommes contentes de reprendre la route demain !
Santa Fe, il est 23h00, on ferme bientôt les écoutilles pour une bonne nuit de sommeil. Dehors il pleut, mais on s’en fout, nous on est dedans…

















