Dixième étape : Gallup/Flagstaff
11-07-2011, par Marie
Enorme journée aujourd’hui ! Après une très bonne nuit passée dans notre motel de Gallup, nous reprenons la direction de l’Ouest pour quitter le Nouveau-Mexique, bonjour l’Arizona ! Si l’on s’en tient à la carte des fuseaux horaires, l’Arizona, tout comme le Nouveau-Mexique, se trouve dans le « Mountain Time » donc en théorie, pas de changement d’heure… mais c’est bien trop simple ! Il faut savoir que parmi les communautés indiennes qui résident en Arizona, seule la tribu Navajo respecte l’heure d’été, et comme aujourd’hui nous ne sommes pas dans le pays des Navajos, et bien nous restons à l’heure d’hiver. Le côté positif, c’est que lorsqu’on arrivera en Californie (nous avions encore un changement d’heure pour être dans le Pacific Time, nous n’aurons pas à régler nos montres. En résumé, nous étions à -7h à Chicago par rapport à la France, -8h à Santa Fe et aujourd’hui c’est -9h en Arizona. Dur dur pour les organismes !
Nous arrivons à Lupton, le tout premier village lorsque l’on passe la frontière ; excepté les restes d’un trading post, rien de particulier à se mettre sous la dent. Les panneaux « Historic 66 » sont différents de ceux qu’on a l’habitude de voir, l’association Route 66 dans l’Arizona est apparemment très active dans cet état, nous pourrons le constater plus tard dans la journée.
Après Lupton, un moment de pur bonheur ! Nous accédons au Petrified Forest National Park, après être passées à la caisse bien sûr, un billet de 20 dollars que nous tendons très volontiers à un Rangers bien calé dans sa cahute. Ce parc couvre une superficie de 885 km2 ; au Nord se trouve le Painted Desert (le désert peint, un nom donné par les colons espagnols) et au Sud la Petrified Forest (la forêt pétrifiée). Au fil des siècles, des millénaires même, l’érosion a révélé de multiples strates composées de manganèse, de fer ou de basalte. L’eau a eu un rôle déterminant dans la création de ces couches dont les couleurs changent en fonction de l’heure à laquelle vous les observez. D’ailleurs, un peintre s’y perdrait dans cet arc-en-ciel minéral…
Après quelques miles dans ce lieu ultra-protégé, nous atteignons le Petrified Desert, un endroit magique où des troncs d’arbres, charriés par les torrents des montagnes, se sont fossilisés sur plusieurs millénaires pour leur donner l’aspect de pierres précieuses multicolores. Ce bois n’a pas pourri, impressionnant ! A la sortie du parc, près de 45 km tout de même, les Rangers s’assurent que nous n’avons pas subtilisé l’un de ces fameux trésors.
Nous ne ferons pas de long discours car les images parlent d’elles-mêmes. Nous sommes sous le charme, c’est une merveille pour les yeux !
Après avoir quitté le parc, nous roulons un bon petit moment pour arriver sur Holbrook, une ville surtout réputée pour le Wigwam Motel, un hôtel qui propose non pas de dormir dans des chambres classiques mais dans des tipis, original… Sur le Navajo Boulevard, la rue principale, des dinosaures imposants sont disposés ça et là en guise de décoration et servent également de signalisation pour les touristes que nous sommes.
Nous entrons ensuite dans Joseph City, un nom inspiré de Joseph Smith, le créateur du mouvement mormon aux Etats-Unis ; nous profitons de cette halte pour photographier le très célèbre lapin géant qui trône devant le Jack Rabbit Trading Post. Pour les amateurs de prêt-à-porter, sachez que la marque Jack Rabbit est née à Joseph City.
Arrêt obligatoire à Winslow, une ville rendue célèbre grâce à la chanson « take it easy » du groupe de rock Eagles (les anciens devraient connaître, nous en tout cas on connaît !). Dans l’une des rues principales, une sono attenante à un magasin de souvenirs diffuse le mélancolique « Hotel California »… forcément, nous nous sentons obligées de pousser les portes de la boutique…
Nous zapperons le site du Meteor Crater, un cratère d’un diamètre de 1250 mètres et d’une profondeur de 180 mètres, causé par la chute d’une météorite il y a 50 000 ans. Ce doit être impressionnant mais 30 dollars pour un trou, ça nous embête un petit peu.
Petit détour par Twin Arrows qui vaut le coup d’oeil ne serait-ce que pour ses deux flèches gigantesques plantées dans le sol à coté du trading post. Les routards, lorsque la Route 66 était encore très empruntée, y faisaient une pause pour se restaurer mais aujourd’hui le bâtiment tombe en ruine, seules les flèches ont eu droit à un petit coup de neuf.
Bon à savoir également, c’est ici que se trouve le tracé le plus ancien de la Route 66 (il date de 1914), le plus dangereux aussi.
Nous avons réussi à distancer le ciel noir de Gallup pour arriver sereinement à Flagstaff, nous avons complètement changé de paysage. Les plaines désertiques ont cédé leur place à une végétation proche de celle qu’on peut trouver dans nos montagnes. D’ailleurs, les reliefs ne sont pas du tout les mêmes ; on verrait des tire-fesses que ça ne nous étonnerait même pas ! Et non, l’Arizona n’est pas toujours synonyme de désert ; du nord au sud, la faune et la flore peuvent changer du tout au tout.
Nous ne pouvons pas résister à la tentation de franchir les portes d’un pub mythique de la Route 66 qui répond au doux nom de « Museum Club ». Sitôt à l’intérieur que nous sommes accueillies à bras ouverts par la gérante des lieux. Des gens sympas, un pub chargé d’histoire et une ville très charmante, que demander de plus ? Nous discutons un bon moment avec un vieux couple de passionnés de la 66, ils nous proposent même de nous prendre en photo. Nous dégustons une bière bien corsée estampillée « Grand Canyon », c’est frais et ça fait du bien.
Nous prenons nos quartiers dans une auberge de jeunesse de Flagstaff (flag pour « drapeau » et staff pour « mât», des pionniers avaient fixé un drapeau sur le tronc d’un pin lors de la fête de l’Indépendance). L’endroit est sommaire mais propre ; pour une poignée de dollars, nous ne pouvions pas espérer mieux. Nous étions censées partager notre chambre avec deux autres routards mais personne à l’horizon, on ne va pas s’en plaindre car nous sommes sur les rotules. Beaucoup de route, de changement d’heure et de cagnard ! Nous avons dégusté un bon plat de pâtes ce soir, c’est simple mais ça nous a fait du bien. Une pluie salutaire a fait de nouveau chuter les températures, tant mieux car pas d’air conditionné dans notre poulailler.
Amis du soir, bonsoir. Il est 23h00 et nous avons une réservation d’hôtel à gérer pour demain. Domi se fera un plaisir de vous donner des explications !


























