Cinquième étape : Joplin/Oklahoma City

 

05-07-2011, par Marie

 

Ce matin, nous avons pris notre petit-déjeuner à l’hôtel. Au menu : des gaufres fraîches arrosées de sirop d’érable et des muffins au beurre de cacahuète pour moi et pour Domi, ce sera des céréales et un fruit frais (ah bon ?). Une vieille dame et son mari nous ont vivement conseillé de prendre du porridge mais franchement, nous n’étions pas d’humeur bétonnière. Nous avons papoté le temps du breakfast avec une autre dame qui participait, comme beaucoup d’autres personnes, aux festivités de l’Independence Day. Elle nous a confié être allée une fois à Paris, une ville où elle ne s’est pas sentie à l’aise du tout (je ne comprends pas, on a pourtant le sens de l’accueil en France…). Très très gentille, on a commencé la journée sur une excellente note.

 

Programme très chargé aujourd’hui, nous sortons du Missouri avec grand plaisir pour prendre la direction du Kansas. La Route 66 n’y passe que brièvement (une quinzaine de miles), pourtant nous sentons une réelle volonté de la part de l’état d’entretenir ce tracé, aussi court soit-il. Pour l’anecdote, le Kansas, très rural, a abrité le plateau de tournage de la série « la petite maison dans la prairie », c’est vrai qu’on s’y croirait presque ! Nous traversons une région minière totalement sur le déclin, à commencer par la ville « fantôme » de Galena, également Riverton avec son « Rainbow Bridge », le dernier pont de ce type qui est resté intact, puis nous terminons notre visite furtive du Kansas par Baxter Springs, un village transformé en champ de bataille en 1863 (affrontement sudistes/nordistes).

 

Nous entrons  donc rapidement en Oklahoma, l’état qui connaît le plus de tornades chaque année. Les dernières ont eu lieu la semaine dernière, nous avons tout de même jeté un coup d’œil aux alertes rouges de US Weather… pas de tornades en vue, nous n’avons pas envie de finir plus frisées que nous ne le sommes déjà. L’Oklahoma est le seul état à avoir été désigné territoire indien, c’est ici que les colons ont « parqué » plus d’une soixantaine de communautés indiennes. Qu’on ne s’y trompe pas, les premiers habitants des Etats-Unis sont bien les Indiens d’Amérique; les « peaux blanches » sont quant à elles issues de la colonisation anglo-saxonne. Oklahoma tire son nom de deux mots choctaw : « Okla » qui signifie « homme » et « Homma » voulant dire « rouge ». C’est ici qu’ont eu lieu les « courses aux terres » à la fin du 19ème siècle qui ont inspiré de nombreux films. Au coup de canon, près de 50000 colons blancs devaient s’élancer à cheval ou à pied et désigner le terrain rêvé qu’ils souhaitaient occuper. Ils ne délogeaient absolument pas les Indiens…

 

Nous traversons Commerce, une ville rendue célèbre grâce ou à cause du couple de gangsters Bonnie & Clyde. Puis nous filons sur Miami (prononcer  ma-ya-meuh), non non, nous ne sommes pas en Floride, cette ville a été l’une des premières à reconnaître le territoire indien. Nous continuons tranquillement notre route en passant par Vinita, Chelsea (nom donné par un anglais qui avait le mal de son Angleterre natale) et nous faisons une petite halte à Claremore, au musée dédié à Will Rogers, un scénariste, auteur, acteur et amateur de rodéo, très populaire du début du 20ème siècle, il est un emblème ici. La Route 66 porte parfois le nom de « Will Rogers Highway ».

 

Nous passons Catoosa (voir la baleine bleue en photo) puis Tulsa dont la traversée n’est pas évidente du tout (2ème ville de l’Oklahoma) et Sapulpa qui nous offre deux vestiges de la Route 66 : le Rock Crick Bridge avec ses briques rouges et les restes d’un cinéma en plein air. Nous avons l’impression d’être à la place des migrants des années 30, on adore ! Il y a même une sorte de hippie dans sa Mustang qui s’est inquiété de voir deux filles au bord de la route.

 

Nous découvrons de nombreux patelins avec leurs stations services abandonnées, leurs vieux motels et leurs maisons hantées et nous atteignons tout doucement Oklahoma City et ses 550 000 habitants. Nous n’y faisons que dormir, cette ville n’a pas grand-chose en rapport avec la 66. Il fait chaud chaud chaud…. 40°C, soit 104°F…. Nous avons piqué une tête dans la piscine de l’hôtel, ce n’est pas de l’eau, c’est du bouillon !

 

Ce soir, repas très équilibré au McDo du coin, trop fatiguées pour retourner en ville.

 

Nous mettons un point d’honneur à emprunter le maximum de tronçons encore praticables de la Route 66 ; pour ça, nous avons un roadbook, un guide de voyage, un GPS pour nous situer dans l’espace, deux appareils photos pour immortaliser tous ces moments, un Iphone pour les vidéos et un copilote qui jongle avec tout ça. La conduite demande trop de concentration alors heureusement que le « copi » potasse son itinéraire la veille !!! On s’en sort plutôt bien, la route est comme nous l’espérions : sauvage, imprévisible et authentique. On rate pas mal de choses par manque de temps mais au moins, on ne triche pas, nous restons sur la vieille route quoiqu’il nous en coûte !

 

Demain, direction Elk City, toujours en Oklahoma.

 

Oklahoma City, il est 22h15, bien le bonsoir.